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UNE ENFANT DE L’OMBRE

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La haine n’a pas triomphé de moi et elle ne triomphera jamais. J’étais loin de m’imaginer qu’un jour je pourrais prononcer ces mots quand je me remémore comment je me sentais en ce jour où je voyais ma mère couchée, dans son cercueil, prête à retourner à la poussière de laquelle elle avait été tirée quelques années plus tôt.  Elle était si jeune, ma mère; du moins à mes yeux elle l’était. Je le croyais peut-être parce que moi je l’étais. Je n’avais que 5 ans et je disais adieu à ma maman. Le cancer me privait de cette chaleur maternelle, si importante, surtout à l’âge que j’avais. Mais si seulement, il s’était contenté de me priver d’une mère, il avait fallu aussi qu’il me prive d’un père, et d’une façon plutôt inusitée. S’il y a une personne qui était encore plus désemparé que je l’étais à la suite de ce décès, c’était mon père. Il était bien plus que désemparé; il a complètement perdu la raison, tellement le choc de cette perte était insurmontable. En plus...

De l'obscurité à la lumière

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« Un jour, tout cela prendra fin; un jour, j’aurai enfin la paix et mon âme tourmentée trouvera du repos. » Cette phrase, je me la répétais inlassablement tous les jours pour me donner le courage de sortir de mon lit, de mettre un pied devant l’autre et de vaquer à mes occupations. Chaque matin, je devais puiser les dernières réserves de motivation qui me restaient pour passer à travers la journée parce que j’avais l’impression que le simple fait de respirer m’épuisait. J’étais fatiguée — de cette douleur dans l’âme, de cette angoisse, de ce sentiment de rejet constant, de cette honte, de ce sentiment de n’avoir rien à faire sur cette terre, de ces souvenirs qui, chargés de leur lot de souffrance, avaient déferlé comme un torrent dans ma tête et qui depuis lors ne cessaient de me tourmenter. J’étais fatiguée d’être comme un zombie, un corps sans âme qui déambule sans trop savoir où il s’en va. Ces souvenirs douloureux, qui contrastaient tellement avec celles que ...